Nuit Coucher de soleil
Posté le 19.12.2007 par luciole3338
Victor Hugo
De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître
L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ?
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?
Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?
Qui sait comment leur sort à notre sort se mêle ?
Qui sait si le verdier qu'on dérobe aux rameaux,
Qui sait si le malheur qu'on fait aux animaux
Et si la servitude inutile des bêtes
Ne se résolvent pas en Nérons sur nos têtes ?
Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ?
Oh ! de nos actions qui sait les contre-coups,
Et quels noirs croisements ont au fond du mystère
Tant de choses qu'on fait en riant sur la terre ?
Quand vous cadenassez sous un réseau de fer
Tous ces buveurs d'azur faits pour s'enivrer d'air,
Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue,
Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue,
Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux
Ne touche pas à l'homme en heurtant ces barreaux ?
Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde !
Partout où pleure et crie un captif, Dieu regarde.
Ne comprenez-vous pas que vous êtes méchants ?
À tous ces enfermés donnez la clef des champs !
Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles ;
Les âmes expieront tout ce qu'on fait aux ailes.
La balance invisible a deux plateaux obscurs.
Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs !
Du treillage aux fils d'or naissent les noires grilles ;
La volière sinistre est mère des bastilles.
Respect aux doux passants des airs, des prés, des eaux 1
Toute la liberté qu'on prend à des oiseaux
Le destin juste et dur la reprend à des hommes.
Nous avons des tyrans parce que nous en sommes.
Tu veux être libre, homme ? et de quel droit, ayant
Chez toi le détenu, ce témoin effrayant ?
Ce qu'on croit sans défense est défendu par l'ombre.
Toute l'immensité sur ce pauvre oiseau sombre
Se penche, et te dévoue à l'expiation.
Je t'admire, oppresseur, criant : oppression !
Le sort te tient pendant que ta démence brave
Ce forçat qui sur toi jette une ombre d'esclave
Et la cage qui pend au seuil de ta maison
Vit, chante, et fait sortir de terre la prison.
monter, descendre et se mouvoir.
Mais, vers l'Est, une lueur blanche,
comme une cendre, un vol léger
Qui par nappes fines s'épanche,
de l'horizon semble émergéer.
Elle nage, pleut, se disperse,
S'épanouit de toutes parts,
Tourbillonne, retombe et verse
Son diaphane et doux brouillard.
Un feu pâle luit et déferle
La mer frémit, s'ouvre un moment,
Et dans le ciel couleur de perle
La lune monte doucement.
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Posté le 19.12.2007 par luciole3338
Jean Godard
Levez-vous, Soleil de mon âme,
Votre clarté plus ne me luit ;
Chassez mon froid par votre flamme,
Par vos rais l'ombre de ma nuit.
L'autre soleil est par trop sombre
Et trop peu chauds sont ses rayons
Pour de mon âme chasser l'ombre
Et faire fondre ses glaçons.
Mon Soleil, ne tardez plus guère
D'éclairer à votre retour ;
Sans votre divine lumière,
Je ne vois que nuit en plein jour.
Soleil, ma lumière et ma joie,
Sans vous je chemine à faux pas ;
Je choppe, je chais, je fourvoie
Quand sur moi vous ne luisez pas.
Lors une triste nuit allonge
Un noir voile autour de mon coeur,
En le donnant en proie au songe,
Et le songe en proie à la peur.
Le malin qui m'est adversaire
Et qui me veut rendre confus
Prend plus d'audace à me mal faire
La nuit quand vous ne luisez plus.
Mon Soleil, que votre ardeur fonde
L'épais glaçon de mes ennuis ;
Ô Soleil du Soleil du monde,
Levez-vous, et chassez mes nuits.
Posté le 19.12.2007 par luciole3338
Charles Baudelaire
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d'une main distraite et légère caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins,
Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.
Posté le 19.12.2007 par luciole3338
Jean Godard
Levez-vous, Soleil de mon âme,
Votre clarté plus ne me luit ;
Chassez mon froid par votre flamme,
Par vos rais l'ombre de ma nuit.
L'autre soleil est par trop sombre
Et trop peu chauds sont ses rayons
Pour de mon âme chasser l'ombre
Et faire fondre ses glaçons.
Mon Soleil, ne tardez plus guère
D'éclairer à votre retour ;
Sans votre divine lumière,
Je ne vois que nuit en plein jour.
Soleil, ma lumière et ma joie,
Sans vous je chemine à faux pas ;
Je choppe, je chais, je fourvoie
Quand sur moi vous ne luisez pas.
Lors une triste nuit allonge
Un noir voile autour de mon coeur,
En le donnant en proie au songe,
Et le songe en proie à la peur.
Le malin qui m'est adversaire
Et qui me veut rendre confus
Prend plus d'audace à me mal faire
La nuit quand vous ne luisez plus.
Mon Soleil, que votre ardeur fonde
L'épais glaçon de mes ennuis ;
Ô Soleil du Soleil du monde,
Levez-vous, et chassez mes nuits.
Posté le 19.12.2007 par luciole3338
Charles Baudelaire
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige,
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
Valse mélancolique et langoureux vertige.
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir,
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Valse mélancolique et langoureux vertige,
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige.
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige, -
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir.
Posté le 19.12.2007 par luciole3338
Théodore de Banville
Nuit d'étoiles, sous tes voiles,
sous ta brise et tes parfums,
Triste lyre qui soupire,
je rêve aux amours défunts.
La sereine mélancolie vient éclore
au fond de mon coeur,
Et j'entends l'âme de ma mie
Tressaillir dans le bois rêveur.
Je revois à notre fontaine
tes regards bleus comme les cieux;
Cette rose, c'est ton haleine,
Et ces étoiles sont tes yeux.
[ Dans les ombres de la feuillée,
Quand tout bas je soupire seul,
Tu reviens, pauvre âme éveillée,
Toute blanche dans ton linceuil.]
Posté le 19.11.2007 par luciole3338
Poursuivre le bonheur, au lieu de le laisser venir, n'est-ce pas courir après le reflet d'un mot ? En fait, les hommes seraient plus heureux si on leur parlait moins de bonheur !
Posté le 19.11.2007 par luciole3338
Tel est le miracle de l'école. Un bon professeur peut captiver les classes rétives et rendre vivants les enseignements les plus mal conçus. Il peut tout sauver.
Posté le 19.11.2007 par luciole3338
Nos joies les plus profondes ne tiennent pas à des bonheurs établis, mais à nos bonheurs retrouvés
Posté le 19.11.2007 par luciole3338
Le bonheur ne se cache pas.